31/03 : CANNIBALE + TROPICAL HORSES (concert)

21h - gratuit pour les étudiants / 10€ : tarif plein / 8€ : tarif réduit

Cannibale (tropical garage - L'Aigle)

Un jour, il faudra sérieusement se pencher sur le sujet. Peut-être sortir une étude anthropo-ethno-socio-musicologique. Comprendre comment, depuis un salon de l’Aigle, Cannibale a poli un son à mi-chemin des Caraïbes, de la scène garage de la côte ouest américaine des années 1960 ou du Brésil de Tropicalia. Parce que moi, j’y ai passé quelques vacances dans ce coin de l’Orne, et ça transpirait pas vraiment le soleil et le psychédélisme.

 

Ces derniers temps, ils ont « appris à ne rien faire ». En ne faisant rien, ils ont composé leur troisième album, Life is Dead. Pas de doute, les influences, le son et le sceau Cannibale sont là et impriment une nouvelle fois instantanément. Et à l’ère du post-tout, ce Life is Dead sonnerait bien comme du post-Cannibale. Mijoté, rongé jusqu’à l’os, tout dans ce disque apparaît plus précis, plus macéré.

 

Chez eux, il y a toujours cette méthode de travail, aussi libre dans l’expérimentation que mathématique dans sa redondance, et qui tisse le lien entre leurs albums. Tous les jours, dans les embruns botaniques et éthyliques de sa tanière de l’Aigle, Manuel bouine, bidouille des instruments et « dégueule la musique », dans le but de plaire aux copains du groupe. « C’est une musique chaloupé, et à un moment, tu vas forcément commencer à dodeliner du cul » dixit Fabrice Gilbert, chanteur de Frustration, qu’on entend sur le morceau Kings of the Attics, et pourtant davantage habitué aux corps à corps dans les fosses qu’aux passionnés déhanchés.

 

Cette infusion faite d’instinct et de séduction rejaillit sur la vaporeuse musique du groupe et dans les textes oniriques de Nicolas. Life is Dead s’annonce encore comme un sacré producteur d’imaginaires et de spasmes incontrôlés du bassin et des boyaux de la tête. Prenons cette basse tambour et ces petits coups de canif de guitare sur The Hammer Hits ou le tachycardique Kings of the Attics, autour des tribulations d’un groupe d’ados en répèt’. Un morceau un peu à part, le dernier composé, où Manuel « a pour la première fois l’impression d’avoir atteint [s]on idée de non-mélange entre de la new-wave et de la musique caribéenne. »

 

 

Tropical Horses (surf pop tropicale-Paris)

Inspiré des musiques touaregs et pop turque 70’s pour les guitares, caribéennes et latines pour les rythmiques et nourri d’influences surf music et garage rock, «Romance» évoque les récits amoureux étranges, mièvres ou contrariés, et dresse un portrait nuancé, parfois ironique, mais profondément épique du romantisme.

Loin des structures labyrinthiques et heurtées du premier album, ici ce sont les changements subtils de ton, les dissonances discrètes dans les mélodies, les paradoxes sonores (voix chuchotées au milieu d’un mur de son de guitare) qui créent le discours et l’émotion.

Un climat apaisant et accueillant, qui se délite et mute au fur et à mesure vers un sentiment d’étrangeté permanent !




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